Un peu comme dans Alice au Pays des Merveilles, je vous propose de découvrir, au fil des contes, le voyage d’un Jeune Coach dans l’Univers du Coaching…
Le conte de la
semaine : le Jeune Coach au pays de la Grande Déontologie*
Il était une fois un Jeune Coach (très jeune par la pratique, moins jeune par l’âge !
) qui tentait de
mettre noir sur blanc ses principes déontologiques…
Pas simple, quand on sait que la Grande Déontologie fixe les règles de sa pratique professionnelle. Elle est un peu comme un tuteur intérieur, lui permettant à la fois de bien tenir droit, et de
grandir !
Notre coach se posait donc des questions de fond…
Comment intervenir auprès de ses clients ? Quelle conduite adopter ? Quelles limites ne pas franchir ? Quels engagements tenir ? Quelles règles fixer ?... De quoi lui
donner la migraine, des aigreurs d’estomac, voire des insomnies !
Il lui fallait trouver des réponses (ses réponses !) à toutes ces questions…
De vastes territoires partagés
Un peu paresseux (oui, le coach peut être parfois paresseux…), il décida d’aller voir ce qu’en disaient ces petits camarades coachs, et les associations diverses et variées de ce métier.
Il y avait de grands principes autour desquels tout le monde était d’accord :
1 - C’est le coaché qui trouve ses solutions (là, bien entendu, on repense à la paresse du coach…)
2 - Tout ce qui s’échange entre le coach et son coaché est strictement confidentiel
3 – Le coach doit respecter la personne qu’il accompagne, et le contrat qui le lie à la personne et à l’entreprise
4 – Le processus mis en œuvre durant le coaching doit être annoncé à l’avance (c’est cela aussi, formuler un contrat…)
5 – Le client coaché et l’entreprise restent maîtres de leur décision (Halte aux gourous…)
6 – Dans le cadre d’un contrat tripartite, il faut avoir l’accord du coaché, sur la base du volontariat
7 – le coach doit être neutre (et bienveillant !)
8 – Le coach doit annoncer que le coaching n’est pas une thérapie (et ne le sera jamais…)
Et jusqu’ici, notre coach était totalement en accord avec ce qu’il lisait.
Des contrées encore sauvages
Il décida ensuite d’identifier les points de divergences qui existaient dans les discours sur la déontologie du coaching.
Oh, ce n’était pas de gros points de divergence, mais plutôt des sujets qui n’avaient pas la même importance aux yeux des coachs : ils semblaient essentiels à certains et relatifs à
d’autres…
Alors notre coach réfléchit et se dit : « Si je suis d’accord avec les 8 premiers points de consensus sur la déontologie du coaching, c’est certainement en m’interrogeant sur les points
de divergence que je vais pouvoir me forger mon propre « tuteur »… Alors, quelle est ma position sur ces sujets… ? ». Paresseux, notre coach, mais introspectif !
Introspection quand tu nous tiens
Premier sujet : le coach doit avoir fait un travail thérapeutique. Alors là… Pour notre jeune coach, la réponse est oui, sans hésitation… En effet, pour ne pas nuire au coaché, la distance
et la capacité à être bien centré sont essentielles. Et pour notre jeune coach, en l’état actuel des méthodes d’éducation de notre société occidentale (quelle tirade !), seul le travail
thérapeutique permet d’obtenir cet état d’être, en tout cas d’agir en conscience…
Théorie des barres parallèles
Le second sujet sur lequel se penche notre Jeune Coach, est le suivant : le coach ne doit pas s’appuyer sur des outils ou procédures, sinon il perd de sa puissance personnelle…
Alors là, notre Jeune Coach a un sourire en coin. Même s’il se considère comme un coach « intuitif », les outils sont pour lui une sorte de cadre sur lequel il est important de pouvoir
s’appuyer, quitte à s’en échapper… Mais pour s’en échapper, encore faut-il qu’il existe, ce cadre ! A l’image du pratiquant des barres parallèles, qui effectue de magnifiques prouesses et
figures en prenant appui sur ses barres, notre Jeune Coach considère ces outils théoriques comme une barre d’appui qui lui permet d’être créatif, même s’il n’y a pas recours de manière
exclusive !
Indispensable curiosité
Le troisième point de « discorde » identifié par notre Jeune Coach est l’impérieuse nécessité de NE PAS connaître le métier du coaché, connaissance qui pourrait handicaper le Coach.
Pour sa part, notre Jeune Coach considère qu’il n’a pas besoin d’être un « expert », au même titre que le coaché, sur le plan opérationnel ! (D’ailleurs, pour un Jeune Coach
paresseux, quel boulot !). Cependant, notre Jeune coach reconnaît la nécessité d’être aussi curieux que possible de l’environnement du coaché, afin que les solutions qui émergent soient
« écologiques », c’est à dire adaptées à l’environnement, et réalistes.
Psy ou pas psy ?
Le quatrième sujet sur lequel les avis divergent est celui des connaissances en psychologie du coach. Sont-elles inutiles ? Indispensables ? Doivent-elles être approfondies ou
superficielles ? Notre Jeune Coach se gratte la tête… Seuls 13% des coachs sont psychologues (source : baromètre 2010 SF Coach)… Alors, il y a 87% de charlatans ??? Notre Jeune
Coach tranche : il se doit de connaître les mécanismes intrapsychiques majeurs des êtres humains, tout d’abord pour lui-même, et ensuite pour une meilleure compréhension et approche de
l’individu qu’il accompagne.
Arroseur arrosé
Enfin, notre Jeune Coach découvre un dernier point d’achoppement… Un coach doit-il être supervisé ? Régulièrement ? Les yeux levés au plafond, le Jeune Coach réfléchit… Même sans
rencontrer de difficultés majeures, notre héros a besoin d’échanger avec ses pairs, sur cette pratique quasi « artisanale » qu’en le coaching. Confronter sa pratique est pour lui
salutaire, et lui évite les risques d’enfermement. Ne pas se remettre en question lui parait fatal pour son métier… Alors, Un coach coaché, lui, il est pour !
Paresseux, notre Jeune Coach ?
Epuisé par tant de réflexion, notre héros est cependant plus serein. Ce pays de la Grande Déontologie est finalement un territoire qu’il faut sans cesse explorer, sans crainte de s’égarer, mais
avec la volonté de trouver les réponses aux questions qui jalonnent le chemin !
* Cet article a été largement inspiré de cours suivis au sein de l'Académie du Coaching... "Jeune Coach" ai-je précisé !